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Vestiges d’une crise humaine

Que retrouverait-on dans quelques milliers d’années de cette crise humaine que le monde actuel traverse ?
L’homme au centre de son activité n’est plus le maillon essentiel ; cette situation l’appauvrit, le pousse à commettre l’irréparable contre lui-même.

Par ces constats répétés, le peintre propose une vue d’artiste et fait une incursion dans les risques psychosociaux ; cette pathologie de l’homme au travail qui n’est finalement que le reflet d’une situation humaine plus vaste.

Cette représentation artistique s’appuie sur la plastique des statuettes africaines ou amérindiennes, témoins d’une activité humaine telle qu’on pourrait la retrouver au grès de fouilles archéologiques.
L’artiste utilise comme support, le carton d’emballage, symbole d’une utilisation éphémère et sans valorisation. Ses peintures sont détourées donnant ainsi l’effet trois dimensions à ces statuettes.

Chaque tableau porte un titre emprunté à la sémantique des risques psychosociaux, titre plus précisément axé sur les facteurs de risques ou conséquences identifiés.

La construction graphique des corps s’articule autour de la position corporelle des êtres humains. La disposition spatiale des membres du corps exprime la crainte ou la souffrance. Certains membres sont intimement mêlés finissant par n’en former plus qu’un ; l’absence de regard force le lecteur à appréhender l’ensemble du corps et à ne pas se focaliser à déchiffrer un regard au détriment de l’expression corporelle.

Ces jeux de positionnement caractérisent les perturbations humaines.
Le long cheminement

Parti de la maternité avec la période des femmes en chair, en passant par ces femmes qui se transforment, du port de tête altier aux corps enchevêtrés Marco s’achemine irrémédiablement vers l’intérieur de ces corps.

La pensée humaine se retranscrit dans les gestes, les positions. Rien ne trompe ; il s’agit de regarder ces gestes qui trahissent les états d’âme des êtres humains.

En 2006, Marco travaille sur des représentations graphiques du corps humain perturbé. A partir de croquis choisis, les perturbations vont être matérialisées par le jeu des positions des mains et du visage.

Le travail de l’artiste s’inscrit dans la continuité des «perturbations humaines» auxquelles il consacre son introspection depuis plusieurs années.
Les Compactes

En 2008, Le travail sur les perturbations humaines s’intensifie. Les compactes représentent les âmes perturbées et enfermées par la vie quotidienne au travers de leur expression corporelle.

Chaque être se trouve enserré dans son environnement social, culturel et familial. Le poids ou la légèreté des vies s’exprime consciemment ou non sur les visages, les positions du corps.

Les compactes sont une représentation de l’expansion des corps humains qui, tout au long de leur existence, finissent par atteindre les limites de leurs environnements. Ici, les contours du tableau deviennent les barrières et les êtres tentent de s’y loger. Ainsi la vie compacte les personnages dans leur pensée et aspiration les plus profondes, celles de cet univers qui est le notre. Ce compactage s’opère lentement et insidieusement. Il s’amorce au sein de nous- même et ce jusqu’à atteindre l’insupportable limite qui parvient à notre conscience.

Point de violence au travers de ces personnages, une presque sérénité transpire dans le mouvement des corps. Ainsi, nous, êtres humains compactés, vivons notre Monde.
Les Enveloppantes

En 2010, la série des Enveloppantes reste sur le même thème où le corps féminin semble doucement résigné, recentré sur lui-même.
La représentation de ces corps en plan serré, tout en hauteur, sortant du cadre, sonne comme un espoir de liberté.
Au-delà de cette expression Marco montre l’état de la condition féminine tentant de concilier toutes les exigences de notre monde.
Discontinus

Partiels, les Discontinus sont des hommes et des femmes que la réduction corporelle n’a pas fait taire. Bien au contraire.


Le constat d’une symbiose mentale et physique se dresse devant nous : Corps et âmes sont indissociables.

Ainsi, le corps ne trahit jamais l’état de l’âme. Privé de parole, il laisse la pensée intacte. Pire, il est possible de lire à travers le corps, c’est-à-dire que l’âme s’imprime jusque dans les cellules de notre corps comme si la retranscription était vitale. Y a-t-il là, nécessité d’un dialogue vers l’autre ?


Alors les mots silencieux  entrent en scène, parlent de leur condition ; eux aussi ont à dire. Leur force caractérise la puissance de la pensée. Ils jouent et se jouent du corps, le façonnent à leur guise.


Le corps est donc bien une extension de l’âme quoi qu’il advienne, chaque part respire ce qui se trame, se pense à l’intérieur. Nos membres ne sont pas étrangers à ce dialogue silencieux, ils se positionnent précisément dans le sens de la pensée.

Ces représentations partielles du corps s’expriment, même réduites, c’est dire leur force de persuasion.


Immobiles, nous disons ce que nous n’aurions pas voulu dire.

  

Forgés


L’être humain dispose d’une capacité à  absorber les intempéries de la vie, encaisser les chocs, s’adapter à des conditions extrêmes, oublier son être - abnégation de soi. Cette disposition particulière lui confère une force que l’on pourrait comparer à la robustesse de l’acier  trempé.


De la même manière qu’on a la sensation de solidité en regardant le fer forgé, la série des forgés représente les corps humains dotés d’une charpente en fer constituant l’ossature.


Ces lignes de force qui façonnent le corps, assoient la résistance de ces êtres humains qui endurent une lourde charge de vie sans jamais céder.

  

Privés de parole


Privés de parole représentent tous ceux qui ne peuvent pas s’exprimer, que le mal soit d’origine politique, issu d’un handicap ou lorsque la chape de plomb s’installe durablement.

Ces geôles qui enferment l’être humain sont caractérisées par l’absence de bouche et la présence de lignes noires fortes, comme barreaux de prison venant interdire l’expression.


Mais être privé de parole ne signifie pas seulement que l’effet se situe au nouveau du visage. Le corps, quant à lui, sait parler un langage non verbal tout aussi expressif. Le corps refermé, renfermé mais tout aussi disposé à communiquer va se livrer là où la parole a échoué.


Il reste donc une forme d’expression dans l’interdiction que l’on ne peut tout à fait taire ; c’est ce que j’essaie d’exprimer au travers de ces visages que je considère comme interrompus.

  

Les Garçonnes


Après avoir été allongées, enveloppées et compactées, ces femmes reprennent de la splendeur en revendiquant leur liberté ; les années folles souffleront sur elles comme une première libération par le biais de la mode.

Nous sommes alors au sortir de la première guerre mondiale.


Au sens des Perturbations Humaines, axe privilégié de mon expression artistique, ce travail se situe dans un cycle de respiration, autrement dit, une parenthèse/offense à la souffrance. Je rattache ces icônes féminines à notre époque par le traitement graphique de leur coiffure et de leurs vêtements, contrastant avec leur corps.


Les années folles sont matérialisées par ces allures sûres, certaines d’une vie plus légère, têtes droites ou légèrement orientées vers le  ciel, bras et jambes intimement mêlés comme une nécessité de vivre autrement.

La position de ces corps offre alors une oisiveté assumée que rien ne semble arrêter.


Encore une fois, l’absence de regard permet de supprimer l’anecdotique que ce dernier pourrait suggérer.

  

Block-homme

                     

Block-Homme est une série représentant le repli sur soi-même. Cet état de l’être humain est un des mécanismes de défense, principalement inconscient,  que les individus emploient pour se défendre des émotions ou des pensées qui produiraient de l'anxiété, des affects dépressifs ou une blessure dans leur estime d'eux-mêmes, s'ils arrivaient à la conscience.


Le repli sur soi fait partie des manifestations liées aux perturbations humaines que l’artiste explore depuis plusieurs années. Le corps est alors recentré sur lui-même, recroquevillé afin de ne laisser aucune aspérité que le monde pourrait tenter de s’approprier, porter un regard, en d’autres termes juger. Se replier sur soi c’est ne rien offrir au monde et vivre en autarcie avec soi dans une condition humaine précise.


L’artiste perçoit cet état de l’être humain comme un bloc voire un blockhaus ; un espace fermé sans porte d’entrée pour y pénétrer ; une compaction de l’être humain qui est enfermé en lui, face à son émotion qu’il enfouit sans cesse et qu’il protège de toute intrusion externe.


En rapprochant notre tête et en regroupant nos membres au plus près de notre corps-citadelle,  l’artiste expose ce qui a pour finalité de ne rien exposer aux autres.